Nous participons aux débats sur l’avenir de l’Europe

L’ADDP est engagé dans dans le débat sur l’avenir de l’Europe qui créé une dynamique exceptionnelle à l’approche des élections européennes en mai 2019. Nous en profitons pour apporter notre éclairage sur la Pologne et l’Europe centrale, ou plusieurs pays sont pointés pour leur fermeture et leur attitude ambivalente par rapport à l’Union européenne dont pourtant il font partie. Sans être partisans, nous répondons présents autant que possible et contribuons ainsi aux propositions qui pourront surgir dans le cadre de la campagne pré-électorale. Les informations sur ces différentes rencontres sont à suivre sur nos réseaux facebook et twitter.

Ci-dessous une note synthétique sur un des évènements parmi les plus intéressants qui a soulevé une question particulièrement brulante dans cette campagne – la question migratoire.

Conférence à l’Assemblée Nationale du 28 01 2019

L’association « L’avenir n’attend pas », le DO tank citoyen, a rassemblé autour de sa présidente Juliette Méadel un groupe d’associations (dont la Ligue de l’Enseignement et les Jeunes Européens) pour travailler sur les problèmes qui se posent aujourd’hui devant l’Union européenne. A travers ces associations, la société civile peut contribuer à trouver des solutions concrètes et à tenter de réconcilier la population avec les politiciens. Le débat organisé ce lundi 28 janvier à l’Assemblée Nationale a eu pour titre: Immigration-intégration. Quel projet pour la France et pour l’Europe ?

Le témoignage poignant du jeune Soudanais Adam de son parcours difficile : il a pu être intégré grâce au service civique, mais il présente une exception.

Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, a souligné que les migrants ont les droits : santé, hébergement, scolarisation d’enfants sans condition.

Il est d’emblée question que la France avec l’Allemagne soient les instigateurs des initiatives européennes, en alliant éventuellement l’Espagne, le Portugal ou encore la Belgique. Cependant, l’exclusion des pays comme la Pologne, dont les gouvernements s’opposent aujourd’hui à l’accueil des migrants, sous prétexte que ces « moutons noirs » de l’UE font obstacle à toute décision sur le problème migratoire, n’aurait pour l’effet qu’un plus grand isolement de ces pays.

En revanche, l’idée émise par Guillaume Klossa (EuropaNova) que les villes qui accueillent les migrants, comme Gdansk, soient fiancées directement par UE, est une excellente idée approuvée par l’ADDP,  

Dany Cohn Bendit, ancien député européen, propose d’ajouter à chaque 2 € de soutien financier pour l’accueil des migrants, 1 € à pour l’action sociale dans chacune de ces villes en direction de leurs habitants.

Il est proposé également de créer un pool d’information authentifiée par les experts pays par pays sur la migration et de disposer des contre-arguments face aux fausses idées qui circulent, diffusées par les mouvements des droites nationalistes en  suscitant la peur injustifiée. Il faut se rappeler qu’en dehors du pouvoir nationaliste, il y a toute une partie de la société qui est pour l’accueil les réfugiés (en France – 40%, en Pologne ce chiffre est inférieur, entre 20 et 30% d’opinions favorables – la campagne haineuse sur les réfugiés dans les médias publics et sur internet fait son effet ). 

L’idée d’une Europe fédérale est défendue par Marie Trélat de Jeunes Européens, tandis que les autres intervenants en soulignent la difficulté auprès des gouvernements et l’impréparation des parties politiques pour afficher un programme incluant le problème des migrants. Ces parties préfèrent écarter la question migratoire pour éviter la discussion sur les questions délicates pour leur électorat.

L’idée de commencer l’apprentissage de la langue française dès l’arrivé de migrants a été proposée par Patrick Doutreligne et soutenue par plusieurs panélistes, afin de faciliter l’intégration et créer des liens avec la population locale pendant les mois d’attente des candidats au statut de refugié politique. La situation des mineurs non accompagnés n’est pas acceptable, car ils ont droit à la scolarisation et l’accueil adapté.

Le président de la Ligue de l’Enseignement, Jean-Michel Ducomte a postulé pour la révision de la convention de Genève sur les réfugiés, car la différentiation entre un réfugié politique et économique est parfois discutable. Il a plaidé pour un socle européen pour la politique de migration.

Les 6 propositions qui ont été discutées pendant la séance :

1 Ne plus sous-traiter le contrôle des frontières européennes aux pays frontalièreset rendre cette fonction àl’agence européenne Frontex au niveau de l’UE.

2 Ouvrir un guichet européen unique pour le droit d’asile et réformer les accords de Dublin de 2003 qui est déjà caduc.

3 Créer un pavillon européen pour les navires humanitaires Le fait de prêter assistance aux personnes en situation de détresse en mer n’est pourtant pas une œuvre de bienfaisance: c’est une obligation légale définie par plusieurs traités internationaux.

4 Donner à chacun les moyens de son intégration L’intégration des immigrés est indispensable à la cohésion sociale et elle est porteuse de croissance économique. Parmi d’autres propositions : créer un service civique européen.

5 Adopter des mesures exceptionnelles pour accueillir les enfants migrants Le sort des mineurs non accompagnés est intolérable. Il faut des structures d’accueil et la scolarisation.

6 Inaugurer une politique de codéveloppement et de quotas Les quotas ne sont pas, bien entendu applicables au droit d’asile ni au droit humanitaire subsidiaire. La migration choisie demande une coordination au niveau de l’UE.

Krystyna et Aleksander Baczko, Joanna Lasserre

http://www.lavenirnattendpas.fr/